Article écrit en collaboration avec le site Mes Geeks et Moi. Article que vous pouvez également retrouver sur leur blog.
Capture et test sur PS5 « classique ». Code jeu fourni par l’éditeur.
Pour commencer, un peu d’histoire (et de digression):
L’homme est génétiquement un compétiteur dans l’âme. Dès qu’il lui est possible de se mesurer à ses semblables pour démontrer sa supériorité en vitesse ou en habileté (rarement en intelligence lol), l’humanité n’a cessé d’innover. Les premiers Jeux olympiques remontent à plus de huit siècles avant notre ère.
Une fois qu’il a réussi à dompter les animaux, il les a utilisés comme montures pour s’évaluer, se mesurer et rivaliser. L’invention du moteur à combustion interne n’a pas amélioré la situation. Entre la naissance du moteur « Otto » en 1876 — le premier moteur à quatre temps fiable — et l’émergence de la Benz Patent-Motorwagen (première voiture) et du Gottlieb Daimler (première moto), toutes deux apparues en 1885, il ne s’est écoulé que neuf ans.
À peine la technologie domptée, l’homme s’en est servi pour se tirer la bourre façon « singe savant ». La première « grande » course automobile fut organisée le 22 juillet 1894 et reliait Paris à Rouen. La première trace d’une course moto, quant à elle, remonte au 18 mai 1895 et était une boucle Turin-Asti-Turin.
Tout ça pour dire que je ne fais pas exception à la longue liste de nos ancêtres. J’ai grandi dans une famille où les sports mécaniques rythmaient mes weekends. Mon père a participé à des compétitions moto et auto. Avant même d’avoir 10 ans, j’avais déjà conduit tout type de véhicule à moteur à 2, 3 et 4 roues. J’ai eu ma période « mobylette » avec Booster puis un 50 cm3 à boîtes (MBK X-limit de 1998) avec lequel je me tirais la bourre entre potes. Un de mes rêves d’ado était, entre autres, de participer à l’enduro du Touquet. J’ai également eu un 125cm3 (XTR), mais le manque d’opportunités et de temps ne m’a pas permis d’obtenir mon permis moto. Je kifferais rouler en Honda Africa Twin de première génération, Yamaha XTZ 750 Super Ténéré ou, comme mon père à l’époque, en Suzuki DR 600 S. Pour moi, une moto, si elle ne peut pas rouler dans 60 cm de boue, ce n’est pas vraiment une moto, lol.
Tout cela pour dire que pour apprécier un jeu de moto, il faut au minimum avoir une passion pour les deux roues. Quand Jimbo et Yéyé ont proposé de rédiger un test sur Ride 6, j’ai sauté sur le guidon pour me porter volontaire. Un bon jeu de bécanes, ça fait un bail que j’ai envie d’en relancer un et par manque de temps j’ai toujours repoussé l’échéance.
Merci à Mes Geeks et Moi pour l’opportunité, vieux motard que jamais 😉.
Milestone: 30 ans de courses
Ride est une licence développée et éditée par Milestone. Et Milestone, le jeu de course, il maîtrise et pas qu’un peu. En cherchant des infos sur le studio, j’ai été surpris. Le studio derrière la licence Ride est le même à qui je dois parmi mes meilleurs souvenirs de joueur PC… des années 90. Screamer était une des références (voir LA RÉFÉRENCE pour moi) des jeux de courses à sa sortie. Souvent comparé à Ridge Racer car assez similaire graphiquement, son fun et sa conduite assez arcade. Vraiment, si vous avez l’occasion, faites-le !!!!
Depuis Screamer, le studio a sorti plus de 70 jeux de courses ; voitures et motos confondues. Aussi bien des jeux arcade que des jeux que des simulations. Parmi les licences les plus connues, MotoGP, MXGP, la saga WRC, Gravel et bien sûr Ride.
Un contenu gargantuesque :
Ride est une licence dont le premier épisode remonte à mars 2015, et qui nous propose de prendre le guidon d’une multitude de 2 roues, donc c’est fort de plus de 10 ans d’évolution que débarque cette nouvelle monture. Sur cette version 2026, on aura la possibilité de piloter plus de 340 motos (280 à la sortie et 340 en prenant en compte les futurs DLC) venant de 21 constructeurs, un record ! De la Sportive au Roadster (Naked en anglais), du Supermotard au Trail en passant par les Baggers (sorte de grosse Harley) et les Maxi-Scoots, il y en a pour tous les gouts et tous les styles.
En tant qu’amateur de véhicules classiques, j’ai pris plaisir à découvrir et piloter les motos « anciennes » des années 80 avec leurs moteurs 2T rageurs et leur sonorité bien spécifique de moustiques enragés.
Un mode « moto d’occasion » avec un catalogue renouvelé régulièrement permet de mettre la main sur des machines inédites et de remplir encore un peu plus son garage de rêve virtuel.
Pour gagner en performance, il est également possible d’upgrader notre cheval mécanique avec des pièces performances, la plupart sous licences officielles comme K&N, Dellorto, Akrapovic, Arrow, Pirelli. Idem pour la customisation de notre avatar avec des combinaisons, casques et gants des plus grands équipementiers.
De mémoire de joueur, aucun jeu de motos ne propose un contenu aussi rempli et généreux. Est-ce qu’on peut comparer Ride à un Forza ou à un Gran Turismo ? Sur ce point, clairement OUI sans aucune hésitation.
Un Ride de vitesse:
La principale sensation que l’on cherche à ressentir quand on joue à un jeu de bécane, c’est cette excitation grisante de la vitesse, notamment lorsque le compte-tours atteint la zone rouge, quand le moteur s’emballe à la limite du rupteur. Bonne nouvelle : Ride parvient à retranscrire cette sensation avec brio, quel que soit le type de moto. Chaque véhicule dispose de sa propre physique et de son style de conduite, ce qui demande un certain temps d’adaptation pour leur prise en mains. Accélération, freinage, les gâchettes haptiques des manettes PS5 font des merveilles pour retranscrire cette sensation. La gâchette de l’accélérateur donne des sensations de tension semblables à celles d’un câble d’accélérateur qui se tend et, à chaque freinage trop appuyé, la manette vibre et claque dans tous les sens. Surprenant au début mais vraiment agréable. Cela a quelques inconvénients : la batterie fond comme neige au soleil et la manette est extrêmement bruyante, voire dérangeante si vous avez des voisins de canapés.
Le jeu propose une personnalisation approfondie des aides au pilotage permettant à tout le monde de profiter du titre sans frustration. Il y a 2 modes de pilotage, arcade ou simulation, influençant principalement sur l’inertie de notre monture. On peut passer de l’un à l’autre mode à tout moment via le menu. Pour finir, on peut ajuster une multitude de paramètres de conduite comme le traction contrôle (TCS), l’ABS, l’anti-wheeling (AW), la dissociation du freinage AV et AR.
Autre point positif, le fonctionnement de la boite de vitesses par défaut en semi-automatique. Elle permet de monter ou descendre soi-même les rapports et, en cas d’oubli, le jeu reprend directement la main dès que l’on atteint le rupteur, idéal pour un apprentissage en douceur de cette mécanique de gameplay.
Pour faciliter encore un peu plus la prise en main, il est possible de passer par l’école de pilotage, soit pour apprendre le maniement, soit pour améliorer ses techniques de pilotage.
Le système de rewind est une excellente idée, surtout pour les débutants comme moi. Il permet de revenir en arrière pour corriger un virage mal négocié sur un circuit que l’on connaît peu, ou pour ajuster une trajectoire trop large, évitant ainsi de devoir recommencer toute la course. Cela limite considérablement la frustration et les ragequits. Quant aux adversaires, ils ne vous feront pas de cadeaux et n’hésiteront pas à vous faire gouter le macadam.
En parlant des adversaires, le jeu mise beaucoup sur l’ajustement automatique des paramètres de l’IA en fonction des performances et du niveau des joueurs. C’est-à-dire, plus on monte en niveaux et en expérience, plus les adversaires sont coriaces. Honnêtement, je n’ai pas vu pour l’instant beaucoup de différence (ou c’est moi qui maîtrise mieux le jeu ^^). Par contre, par moment, j’ai l’impression d’avoir une cible dans le dos tellement je me fais tampon dans certaines courses.
Parmi nos adversaires, on retrouvera les meilleurs pilotes de leur catégorie qui ont prêté leur visage au titre de quoi prouver le sérieux de la série.
À l’heure où j’écris ces lignes, pas de mode multi en écran splitté et je n’ai pas joué en ligne, donc je ne pourrai pas vous donner mon point de vue sur ces points. Cependant, bonne nouvelle à la communauté motarde, LE JEU EST CROSS-PLATFORM PlayStation, Xbox et PC.
Ride Fest : une carrière en dents de scie.
Honnêtement, je suis un peu déçue du mode carrière de Ride 6 ou, du moins, je m’attendais à autre chose. Le trailer du jeu parlait « d’explorer des zones thématiques et de lancer votre carrière de pilote ». Je m’attendais donc à une sorte de hub central avec différentes zones à explorer en fonction des catégories de courses ou de motos. J’imaginais lancer la carrière d’un jeune loup avide de vitesses en passant des permis ou à commencer sur des petites cylindrées pour ensuite monter en puissance. Éventuellement, gérer des rivalités, des contrats pros, des sessions d’entraînement afin d’acquérir des nouvelles capacités, etc. C’est ce que j’avais compris du trailer, gros loupé.
À la place, même si le menu principal est dynamique, CELA RESTE QU’UN SIMPLE MENU ! L’ambiance « festival de la moto » ne se retrouve que dans ce menu principal et au moment du podium à la fin de chaque course.
Le mode carrière consiste principalement en une succession de courses par catégorie que l’on déverrouille au fur et à mesure de nos succès. Certes il n’est pas nécessaire de tout remporter dans une manche pour accéder à la suivante, un ou deux podiums ou un objectif principal réussi et on avance au challenge suivant.
Par contre, il est important de signaler que le jeu n’est pas avare en circuits et en compétitions. Superpole, course unique, duel face à face contre un champion de catégorie, course d’endurance et championnat. Au total, ce sont 45 circuits issus des quatre coins du monde, mêlant des tracés réels comme Laguna Seca, Daytona, le circuit du Mans Bugatti, ainsi que des circuits fictifs qui sont disponibles pour étancher notre soif de sensations fortes.
Pour finir, les conditions de course évolutives, les conditions de course évoluent en fonction de la météo ou de l’heure, avec la possibilité de finir la course de nuit. Ces changements ont un impact sur la conduite de la moto, rendant chaque course encore plus immersive.
Conclusion :
Ride 6 est certainement ce qui se fait de mieux actuellement en jeu de moto (selon moi). Accessible avec une bonne courbe de progression, fun, un choix de motos inégalés, du plaisir immédiat, des licences officielles, des circuits a foisons et il est beau. Un jeu incontournable pour les aficionados des 2 roues.
S’il faut lui donner une note : CBR600/20











