Transport Fever 3 : 120 ans de pur plaisir logistique 

Article écrit en collaboration avec le site Mes Geeks et Moi. Article que vous pouvez également retrouver sur leur blog. 

Capture et test sur PS5 « classique ». Code jeu fourni par l’éditeur. 

La saga Transport Fever est une franchise de jeux de gestion économique développée par le studio suisse Urban Games. Également appelé tycoon, le but de ces jeux de gestion est de bâtir de 0 son entreprise et de la rendre la plus pérenne possible pour en faire un empire commercial (et d’aspirer votre vie sociale ^^)

« Tycoon » (大君):

Avant de se retrouver décliné dans une ribambelle (et non babibelle) de jeux de gestion économique (Railroad Tycoon, Transport Tycoon, Prison Tycoon, et même Porno Studio Tycoon — non, promis, on ne fera pas de test dessus ! sauf si vous demandez), le mot Tycoon trouve ses origines dans la langue japonaise. 

Signifiant « grand seigneur » ou « grand prince », il était utilisé pour désigner le Shogun lors des échanges diplomatiques. À la fin du XIXᵉ siècle et au cours du XXᵉ, ce terme a été détourné par la culture américaine pour désigner les grands capitaines d’industrie ayant réussi à bâtir un véritable empire financier. 

Quoi de plus logique qu’aujourd’hui ce mot désigne dans l’univers du jeu vidéo les jeux de gestion stratégique où le but est de créé puis faire prospérer son propre empire commercial ? Et vive le capitalisme ! (Je plaisante). 

Transport Fever 3 (TF3) s’inscrit-il dans la pure lignée de ces « tycoons » ? De ceux que j’ai connus à la fin des années 90, début 2000 sur mon pentium II MMX et qui ont failli me mettre en échec scolaire en transformant mes nuits en courte siestes de quelques dizaines de minutes ? 

Je me revois encore, naïvement, me dire en jouant à Transport Tycoon : « Bon, encore une année fiscale et au dodo », puis « Je finis de construire ma ligne de train, j’optimise le tracé et au dodo », pour finalement tourner la tête vers le réveil et y lire 4h30 du matin… pour un lever prévu entre 5h45 et 6h00. Un bon tycoon, c’est exactement ça : vous faire perdre la tête, vous faire oublier toute notion du temps et vous rendre accro, tel un drogué qui attend sa dose. – si vous voulez en savoir plus sur Transport Tycoon, j’ai écrit un article dessus dispo ici– 

Est-ce que TF3 va me faire replonger dans cet état d’addiction totale ? C’est ce que nous allons voir ensemble.

Première réponse en vidéo :

Jouabilité à la manette mais pas que:

Je peux vous dire que j’étais complètement hypé à la fin du teaser ! J’ai donc gentiment demandé à Jimbo s’il était possible d’obtenir un code… mais pas sur PC, ça serait trop simple, non : sur PS5. N’ayant pas de configuration PC digne de ce nom, impossible pour moi d’y jouer autrement, et puis je dois l’avouer, je suis un peu masochiste sur les bords (et un peu au milieu). 

On dit souvent que jouer à un jeu de gestion ou à un STR sur console avec une manette, c’est comme vouloir se br**ler avec un gant de boxe : on finit par arriver à ses fins, mais ce n’est pas des plus agréables ! TF3 ne fait, hélas, pas exception à la règle. À moins d’être né pieuvre, vous allez rapidement pester à tout va à force d’appuyer sur la mauvaise touche. 

Il y a bien un tutoriel en début de partie et les boutons sont rappelés à côté des icônes pour faciliter la navigation, mais cela reste une véritable torture mentale. Ce n’est pas instinctif, on s’y reprend à trois fois pour la moindre action et on finit par perdre patience. J’ai tenu quelques heures avant d’abdiquer… et de passer au plan B. On voit cependant qu’Urban Games a fait de son mieux pour adapter l’interface pour les joueurs console, mais c’est le genre de jeu qui veut ça. 

Heureusement, ce qui est bien avec cette génération de consoles (pour une fois qu’il y a un truc positif à souligner !), c’est qu’il est très simple de brancher un dongle clavier/souris sans fil sur la PS5. Et là, on revit ! Bâtir ses réseaux et gérer son empire logistique confortablement installé dans son canapé devient du pur plaisir. 

LA meilleure façon de jouer à TF3 ever 😉

Un principe simple mais terriblement addictif:

Le but du jeu est relativement simple : une entreprise (ou une ville) a besoin d’une ressource, une autre la fabrique. À vous de faire en sorte de relier les deux avec le moyen logistique qui semble le plus adapté. 

Ce sont au final pas moins de 32 types d’industries différentes et 37 types de marchandises qu’il faudra gérer, la plupart en flux croisés afin de rentabiliser au mieux vos investissements logistiques. 

Quelques exemples tout simples :  

Une forêt découpe du bois que l’on livre à la scierie. La scierie découpe des planches, que l’on livre à l’usine de meubles et/ou en ville. L’usine de meubles fabrique des biens que l’on livre en ville suivant la demande. Mais l’usine de meubles a aussi besoin de verre : il faut donc regarder où se situe la verrerie la plus proche, qui elle-même a besoin de sable pour fabriquer son verre. Pour booster leur fabrication, toutes ces usines ont besoin de pièces détachées qu’on trouve à l’aciérie, laquelle a besoin de charbon et de minerai de fer. Pour finir, les usines ont aussi besoin de la main-d’œuvre provenant des villes environnantes ! Cela devient rapidement un joli bordel organisé, mais tout est d’une logique imparable. On se prend au jeu au point d’être rapidement accro à concevoir notre prochaine pieuvre logistique.

Il ne faut pas oublier de prendre en compte la date de création de nos lignes logistiques. Au fur et à mesure que le temps passe, les contraintes évoluent et un nœud logistique qui tourné sans accroc peut se retrouver ralenti, voire complètement à l’arrêt, à cause d’une installation devenue trop vétuste ou plus du tout adaptée au volume de trafic moderne.  

Même s’il est possible de commencer notre partie à l’année de son choix, par défaut, la map débute par défaut en l’an 1900. Et la différence entre une calèche d’époque et une semi-remorque moderne est tout simplement titanesque, surtout sur les infrastructures routières !  

Mais le jeu ne nous laisse pas sans solution, il est possible d’élargir les routes et augmenter le nombre voies circulable, de créer des déviations avec des voies spécifiques aux camions et au bus, appliqué des points de passage ou encore des sens uniques. 

Pour les trains et tramways, cela passe par la modernisation du rail, l’électrification du réseau et la mise en place de signalisation. Pour les plus courageux il est même possible de reproduire de véritable Technicentre (ou Atelier central) pour la maintenance généralisée de nos locomotives. 

De plus en fonction de la carte, l’usure du matériel et plus ou moins prononcé. Jouer sur une carte avec un climat aride use la mécanique plus rapidement et le turn-over sera plus fréquent. Chaque carte est également générée aléatoirement. Cependant, on peut influencer certains paramètres comme le climat, la taille de la map, si on veut un terrain plat ou vallonné, la taille des mers ect… l’avantage : aucune partie ne ressemble à la précédente. 

Petite information à prendre en compte également, plus on commence notre partie à une date avancé, plus les couts des infrastructures et des moyens de transport sont élevé et il sera difficile de trouver ces marques.  

Un mode campagne est également disponible. Il s’agit en réalité d’un tutoriel « avancé » déguisé en missions uniques permettant d’apprendre le fonctionnement de certaines options avancées. Même si elles sont facultatives pour prendre le jeu en mains, c’est pour un néophyte une excellente porte d’entrée pour comprendre comment le jeu fonctionne. En plus d’être bien écrits et basés sur de faux événements historiques, ces scénarios sont vraiment prenants. 

+ de 120 ans d'histoire du transport:

Le jeu met à disposition un catalogue de véhicules absolument titanesque ! : 

Plus de 130 trains et wagons : de la locomotive à vapeur du début du siècle en passant par les motrices diesel ou électriques. 

Entre 60 et 70 modèles de véhicules routiers : des calèches aux bus urbains à impériale, et des tombereaux hippomobiles aux camions-bennes et semi-remorques modernes. 

Environ une trentaine de tramways : des modèles historiques à chevaux jusqu’aux rames électriques classiques, équipés aussi bien pour le fret que pour les passagers. 

25 à 30 modèles de bateaux et cargos : des bateaux à roues à aubes du début du siècle aux chalutiers, sans oublier les aéroglisseurs et les supertankers. 

Tout cela concerne uniquement le contenu de base, hors communauté et mods à venir. Il y a plus de 15 000 mods disponible (la majorité sur steam certes mais certains sont aussi dispo sur serie X et PS5). Tout ce qui roule, qui aura roulé ou qui arrivera dans un avenir proche, finira forcement sur TF3 a travers un mod de sa communauté. On est proche du contenue illimité à ce niveau 

Et tout cela ne concerne uniquement le contenu de base, hors communauté et mods à venir ! Il y a plus de 15 000 mods disponibles pour TF2 alors imaginé pour ce nouvel opus qui vient de débarquer (la majorité sur Steam certes, mais certains sont aussi dispos sur Xbox Series X et PS5). 

Tout ce qui roule, qui a roulé ou qui roulera sur nos routes dans les 5 prochaines années finira forcément sur TF3 à travers un mod de sa communauté. On est proche du contenu illimité à ce niveau ! (Source : JeuxOnLine) 

Pour finir, une vingtaine d’avions et hélicoptères différents : du Junkers F13 (le premier avion civil commercial) jusqu’aux avions de ligne modernes en passant par le mythique Concorde (cocorico !), sans oublier le Bell 47 ou le Sikorsky S-76 Spirit, déclinables aussi bien pour le transport de passagers que pour le fret. 

Similitude avec Transport Tycoon:

La similitude entre Transport Fever 3 et Transport Tycoon (ou OpenTTD) coule de source pour moi, tant je retrouve l’ADN du chef-d’œuvre de Chris Sawyer et MicroProse à travers le titre d’Urban Games. Même si je n’ai pas joué aux précédents opus du studio suisse, j’ai immédiatement retrouvé mes marques et mes sensations de jeu dès les premières minutes. 

J’ai pris exactement le même plaisir à explorer les cartes, à poser mes premières lignes de chemin de fer, à m’extasier et à scruter sous tous les angles chaque nouveau véhicule débloqué en me demandant quel serait le prochain joujou à venir. 

Et surtout… j’ai replongé exactement dans les mêmes travers, avec des sessions de jeu qui se sont une fois de plus terminées à des heures totalement indécentes ! 

Même si j’aime Transport Tycoon d’un amour éternel et qu’il continue de vivre à travers sa formidable communauté (OpenTTD), le jeu d’origine date tout de même de… 1994 (je me sens vieux d’un seul coup !) et reste ancré dans son époque. Transport Fever 3 en est, sans l’ombre d’un doute, son digne héritier moderne. Le jeu aurait d’ailleurs pu s’appeler Transport Tycoon 2026 sans aucun problème ! 

Quelques petits défauts:

En dépit de ses nombreuses qualités, Transport Fever 3 n’est pas exempt de défauts et souffre de quelques petites pétouilles techniques et petits soucis ergonomiques qu’il faut signaler. 

La modernisation des routes : Il est impossible de moderniser ou d’élargir une route existante directement en reconstruisant par-dessus (ou alors je n’ai pas trouvé, malgré plus de 40h sur le titre). On se voit contraint de la détruire intégralement, tronçon par tronçon, avant de pouvoir la reconstruire au format voulu. Cela ne semble pas être grand-chose, mais cette rigidité se révèle particulièrement chiante à l’usage, transformant une simple mise à niveau routière en une manœuvre fastidieuse et chronophage. À la souris, c’est déjà une galère ; je n’ose même pas imaginer cet effort avec une manette. 
MàJ : J’ai enfin trouvé cette foutu option, cependant, il y a toujours un tronçon qu’il faudra modifier à la main.

L’absence de concurrence et de multijoueur : Contrairement à Transport Tycoon, TF3 ne propose pas de jouer contre des entreprises rivales générées par l’IA. De même, aucun mode multijoueur en ligne n’est proposé pour permettre à plusieurs magnats de s’affronter sur une carte commune. Le titre reste une expérience purement solo. Même si cela ne me dérange pas plus que ça, cel cela peut décevoir certains amateurs de jeux compétitifs. 

Les limites techniques (sur PS5 ?) : Je trouve la taille des cartes sur PS5 un peu juste. Après plusieurs heures de jeu, je me demande si cela n’est pas lié aux contraintes techniques de la console. Contrairement au PC « master race », l’architecture de la PS5 date un peu et montre ses limites comparées aux configs PC actuelles. Même si je n’ai pas eu de gros freeze, plus on progresse — avec des réseaux de plus en plus complexes, des véhicules de plus en plus nombreux et des villes de plus en plus grandes —, plus je ressens que ma PS5 commence à peiner, avec de temps à autre de légères chutes de framerate. 

Attention toutefois : le tout reste parfaitement jouable et ces défauts restent minime comparés à l’immense plaisir j’ai sur le jeu

Quelques nuits blanches plus tard...:

F3 ne sera certainement pas un “Game of the Year” car les jeux de simulation économique (Tycoon) sont des jeux de niches avec une cible de joueurs réduites comparé aux gros blockbusters et à GTA6 qui arrive.  

Cependant, TF3 est une vraie pépite pour toutes les passionnées de jeux de gestion et pour tous ceux qui on grandit avec Transport Tycoon. 

Le jeu est plaisant, beau, prenant, addictif. Accroché à TF3 c’est partir pour des dizaines et des dizaines d’heure de jeux, découvrir un type de jeu trop peu méconnue et redécouvrir à qu’elle point en siècle l’Histoire du transport à évoluer.

Pour finir, une petite blague:

Un Indien arrive à la mairie, car il veut changer de nom. Il explique à l’adjoint : 
– Moi avoir nom trop long. Pas aller. Moi vouloir raccourcir nom. 
L’adjoint lui demande :  
– Très bien, quel est votre nom ? 
L’Indien répond :  
– Moi m’appeller « Petit train qui descend tranquillement la colline sans peur de dérailler ». 
L’adjoint est bluffé :  
-Ah oui effectivement. Et comment voulez-vous vous appeler ? 
– Tchou Tchou.  

Né au milieu des années 80, j'ai grandi avec le Club Dorothée, les Minikeums, M6 Kid et Les consoles SEGA. De mon baptême du jeu sur Altered Beast version Master System jusqu'à aujourd'hui, Sega et moi c'est une grande histoire d'amour. Avec une quantité de souvenirs inoubliables, des crises de rire aux crises de larmes . Ce que j'aime ? Partagez mes souvenirs et mon vécu de joueur. J'espère que vous prenez autant de plaisir à lire mes articles que moi je prends à les écrire. A bientôt j'espère.

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